" La culture de la rencontre "

Mgr Jérôme BEAU - Bernardins                                                                                                              
25 mars 2017

C’est avec joie que j’accueille ici, au Collège des Bernardins, Ensemble avec Marie. Ce rassemblement a toute sa place dans le Collège. Celui-ci est dédié notamment au dialogue interreligieux comme à beaucoup d’autres sujets puisqu’il y a plus de 250 chercheurs sur des questions de société en dialogue avec l’Eglise. Nous comptons à l’Ecole Cathédrale plus de 4000 étudiants.

La rencontre entre musulmans et chrétiens est capitale pour le monde d’aujourd’hui. L’enjeu en est la paix. L’enjeu de votre rencontre c’est que, hommes et femmes de bonne volonté, nous en soyons les acteurs.

Le dialogue interreligieux doit toujours éviter deux écueils :

Le premier écueil que nous devons éviter serait de s’engager dans un chemin d’affirmation de nos identités. Le chemin identitaire est marqué par la peur. C’est lorsque nous avons peur de l’autre que nous nous enfermons dans un tel repli. C’est aussi le signe que nous n’avons pas trouvé en nous le chemin de la liberté, de la liberté intérieure, de la liberté véritable. C’est parce que nous manquons de liberté que nous nous renfermons sur nous-mêmes.

Le deuxième écueil est celui du syncrétisme, qui nous ferait croire que finalement nous avons tous le même Dieu, nous croyons tous pareil, et que nous sommes tous d’accord. Non, le syncrétisme est une source de conflit entre tous les hommes parce que personne ne s’y reconnaît et personne ne se sent respecté dans son chemin ni dans ce qu’il porte en lui.

Il y a un troisième chemin, il est celui qu’a choisi Ensemble avec Marie. C’est celui de la fraternité. La fraternité ne demande pas le semblable mais une altérité de communion et de respect. C’est cela l’enjeu de cet après-midi : trouver le chemin de l’altérité et de la communion.

Oui, nous ne disons pas les mêmes choses sur la Vierge Marie. Nous nous ne pensons pas les mêmes choses, nous ne croyons pas les mêmes choses mais cependant pour nous, ensemble, Marie est le chemin de la fraternité et de la paix et nous osons nous le dire tranquillement, en vérité. C’est cela qui nous permet de pouvoir dire, ensemble avec Marie, soyons artisans et bâtisseurs de paix.

En quoi Marie peut-elle être celle qui nous rassemble aujourd’hui avec nos différences de regards pour construire la paix ? Il y aurait de multiples réponses et je laisse le soin à la table ronde de les donner. Rassurez-vous si vous avez l’impression de ne pas les avoir reçues en fin de journée, vous n’aurez qu’à revenir une prochaine fois. Je dis cela avec humour mais avec sérieux c’est-à-dire que le chemin de la réponse est aussi un chemin de conversion intérieure pour chacun d’entre nous. Il y a un vrai chemin intérieur pour, peu à peu, recevoir la Vierge Marie comme étant celle qui va fonder et aider à la fraternité. Cette idée d’Ensemble avec Marie est née de l’expérience du Liban et d’une demande de nos frères musulmans d’un jour férié pour l’Annonciation. C’est un beau signe quand un pays trouve le chemin de la paix et de la fraternité en vivant ensemble d’une manière différente une fête, la fête de la Vierge Marie. Nous pouvons comprendre comment dans un monde aussi déchiré, nous pouvons trouver et bâtir des ponts de fraternité et de paix. Avec Ensemble avec Marie nous allons bâtir des chemins de paix pour notre société et pour le monde.